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Les Dindenaults de la Farce

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Les Dindenaults de la Farce

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“Soudain, je ne sais comment, cela se passa vite, je n’eus pas le temps de m’en rendre compte, Panurge, sans en dire davantage, jette en pleine mer son mouton qui criait et bêlait. Tous les autres moutons, criant et bêlant sur le même ton, commencèrent à s’élancer et à sauter en mer, à sa suite, à la file. On se pressait : c’était à qui serait le premier à y sauter après son compagnon. Il n’était pas possible de les en empêcher, comme vous connaissez le naturel du mouton qui est de toujours suivre le premier, où qu’il aille. (…)

Le marchand [Dindenault], tout abasourdi de voir sous ses yeux ses moutons périr et se noyer, s’efforçait de les en empêcher et de les retenir autant qu’il le pouvait. Mais c’était en vain. Tous, à la file, sautaient dans la mer et périssaient. Finalement, par la toison, il en saisit un grand et fort qui se trouvait sur le tillac du navire, pensant ainsi le retenir et sauver le reste de la même façon. Le mouton fut si fort qu’il entraîna avec lui le marchand dans la mer, et il se noya, comme les moutons de Polyphème qui entraînèrent le Cyclope borgne hors de la caverne d’Ulysse et de ses compagnons. Les autres bergers et gardiens en firent autant, les prenant les uns par les cornes, les autres par les pattes, les derniers par la toison. Tous pareillement furent entraînés et noyés misérablement en mer.”

Extrait du Quart Livre, chapitre VIII

Comme toujours, Le Quart Livre de Rabelais déborde de fables fertiles pour habiter l’époque.

Ici, Panurge, ce pourrait-être Macron. Avec son arbitraire caractéristique de monarque parodique, il fait de son intuition la loi, de son opinion la science et de chacune de ses marottes un débat national. Il n’avance jamais un pion sans un mélange de sadisme, de perfidie et d’inconscience.

Les moutons, quant à eux, ce sont les infos. Entendez par là les appeaux à clic, les attrape-ragots et les coquecigrues de la toile. Chaque minute produit un interminable saute-mouton d’informations, où un fait divers chasse l’autre. Une circulation si continue qu’il faudrait plusieurs vies pour vérifier tout ce qui s’y dit. Un déferlement de modes idéologiques qui forment l’Opinion publique, cette création capitaliste qui nous habite malgré nous, ramassis d’idées légitimées au forceps médiatique, qu’on protège (les gardiens), et/ou qu’on vend (les marchands).

Dindenault, dans cet extrait, est le premier marchand à subir un destin malheureux. Il pourrait être n’importe lequel d’entre nous. Qui ne s’est jamais précipité sur une information issue d’un agenda biaisé, dans l’espoir de la tirer à soi, et pour finir par être emporté en eaux troubles ? Qui n’a jamais attrapé une pseudo-vérité à la volée, parce qu’elle nous flattait, au risque de se compromettre à jamais ?

Ici, la mer est bien l’éternel abîme de l’Anti-science. Qu’on ne s’y trompe pas, les responsables de ce vortex océanique ne sont pas ses victimes, mais le gouvernement et les médias. Ecartelée dans l’éternel entre-deux de l’en-même-temps, la ligne macronienne a détruit les dernières digues de rationalité scientifique. De ce fait, elle a ouvert un boulevard gigantesque aux sectaires, naturopathes et obscurantistes de tout acabit, qui vont désormais pourrir la conscientisation de classe pour de nombreuses années.

Enfin, le bateau, lui, peut représenter, et au sens large, le patrimoine révolutionnaire français, à la dérive.

Cette saynète est un peu notre temps. Happé par l’actualité, Dindenault court après les moutons que lui jettent le pouvoir Panurgique, l’un après l’autre, et il se noie, repu par ce qui l’engloutit. Le destin de Dindenault se retrouve aussi dans cette petite bourgeoisie intellectuelle protéiforme, sous la menace d’un déclassement dur, et qui devient sinueuse avec le réel et complaisante avec le pire. Désormais, un large flanc de celle-ci s’évanouit dans l’anti-science, tout en contribuant à structurer l’environnement idéologique des prochaines années. Et c’est en cela seulement qu’elle mérite notre attention.

Rien de nouveau sous l’éclipse

A en croire certains, il y aurait un avant et un après “Pass sanitaire”. Avant, un monde de libertés fantastiques, après, un Orwellisme vaccinal. Il m’a été possible de m’insurger ailleurs contre cette vision infantile[1]La dictature sanitaire n’existe pas, et c’est bien dommage – Le Gros Rouge Qui Tâche (legrosrougequitache.fr), souvent porté par des individus vierges de la moindre exploitation, et manifestement amnésiques des trois derniers quinquennats. Pour corriger ces oeillères, il suffirait pourtant de reprendre l’invariant recul des libertés publiques en termes de presse, de réunion, d’expression, de consultation de données et de préservation de la vie privée (un recul sur lequel se sont exprimés quantité de juristes [comme François Sureau ou Régis de Castelnau] et d’activistes de tous bords politiques, comme Assange et Snowden pour les plus héroïques)[2]Fin des “Années Molles” et Adieu aux Lumières – Le Gros Rouge Qui Tâche (legrosrougequitache.fr).

Mais non, puisqu’il faut encore le rappeler, se faire vacciner ce n’est pas être un “collabo” de la classe dirigeante. Cela ne consiste pas davantage à se faire “piquer” comme un clebs pour avoir son « ausweis ». Ce n’est pas être un “covidiot” que de ne pas jouer au con avec la science, qui n’existe pas sans le fragile travail protocolaire de dizaine de milliers de chercheurs. Faire confiance aux consensus produits au niveau mondial en la matière, ce n’est pas davantage une évacuation des contradictions géopolitiques, ou de classes, comme le prétendent encore d’autres. Un consensus scientifique mondial, quand il existe, cela ne veut jamais dire que tout le monde est d’accord partout, toujours, tout le temps, sur tous les problèmes traités scientifiquement. Seulement, le virus existe, il est dangereux, ne connaît pas de traitement efficace (ce qui rend le vaccin si essentiel) et son développement exponentiel, si on ne fait rien, ne peut que déborder des infrastructures sanitaires sous-dotées.

Aussi, il y a un spectre d’opinions sur la pandémie. Pour le Covid, il y a un accord sur des données majoritaires au centre, des minimiseurs à droite, des alarmistes à gauche, et c’est tout. En outre, au 21ème siècle, il existe des conditions d’expérimentations sur les données acquises, cumulées, et qui, au terme d’une hiérarchie de preuves, ont abouti à former un important degré de vérité en recherche virologique. Alors, on est toujours bien mal avisé de balayer d’une main paresseuse ces conquis, qui ont l’immense défaut de ne pas avoir le charme exotique des charlatans. Aussi, ceux qui identifient la majorité des scientifiques au clergé de la Renaissance, et des persécuteurs de Galilée, sortent du périmètre des interlocuteurs sérieux. Celui qui ose présenter le consensus scientifique mondial sur le Covid19 comme un dogme théologique ne démontre que son absence de participation concrète au processus de connaissance, et son goût douteux pour les anachronismes foireux.

Ajoutons, pour qui a le moindre contact pratique, même superficiel, avec le secteur de la santé, qu’il est évident que le Covid tue. Cela peut se faire directement, avec des formes graves, ou indirectement, en surchargeant des hôpitaux affaiblis, ce qui décale des rendez-vous ou des opérations vitales pour d’autres malades. Dans ce contexte, avec une logique de flux tendu permanent, propre au vieux système de tarification à l’activité, les hôpitaux français ne pouvaient surmonter cet afflux de nouveaux malades sans les chocs brutaux qu’on a connus, et qu’on connaît encore. En la matière, les minimiseurs et autres ovidés du fantasme gagneraient à consacrer leur été à quelques escapades touristiques dans les urgences, et à s’instruire d’un terrain dont ils ne connaissent rien.

 Cela étant, rappelons-le encore, l’étendue du fiasco actuel incombe entièrement à Macron, ses gens et ses prédécesseurs. Au terme de multiples contradictions, couacs, mensonges et revirements [notamment l’épisode des masques qui sont passés de prétendument inutiles à une nécessité absolue] le gouvernement s’est achevé en beauté, en transformant la vaccination en punition collective. Et c’est sur cette immense erreur seulement que, comme des vautours, les charlots de tous bords se sont précipités pour s’improviser en maquisards youtubesques.

Combattre sérieusement le pass sanitaire

Mais un défenseur conséquent de la vaccination générale peut tout à fait s’opposer, et tout aussi farouchement qu’un autre, au “pass sanitaire” actuel. Ce pass n’est certes pas une mesure “totalitaire”. Pire, elle est punitive et stupide, d’une précipitation criminelle, qui fait fi de la moindre connaissance élémentaire du monde du travail, déjà très sinistré. Ce pass, je ne m’y oppose pas abstraitement, en soi, ni au nom des libertés “individuelles”, qu’on doit toujours subordonner aux intérêts collectifs qui les conditionnent. Quand on s’extirpe du blabla bourgeois formaliste en la matière, c’est la collectivité qui, pour reprendre un mot de Rimbaud, forme la liberté libre. Car c’est bien au nom de celle-ci que le pass est à réfuter. En effet, le régime n’a pas la légitimité pour réaliser une telle mesure, ni les forces vives de ses ambitions policières dans un pays craquelé. Par ailleurs, avec une vaccination qui fut ouverte aux moins de 50 ans à partir du 1er juin 2021, et une date butoir d’abord fixée au 1er août, puis au 21 juillet pour les cinémas et musées, l’actuelle gabegie bordélique était plus que prévisible. Forcer des prolétaires à œuvrer pendant l’été, à se vacciner sur leurs jours de congés, ou de repos, et à des horaires habituels, voire renforcés, et sous peine d’un licenciement expéditif, voilà une mesure qui combine l’ignominie à la bêtise. En l’état, un communiste ne peut que la rejeter. Mais pas n’importe comment. Et pas avec n’importe qui.

Car il faut rester intraitable et lucide sur le fait qu’une certaine “gauche” va désormais jusqu’à repousser l’enthousiasme vaccinal pourtant caractéristique, jadis, du socialisme historique. Autrefois héritiers de Marx et Darwin, ils lui préfèrent désormais l’individualisme forcené et abstrait des soixante-huitards, combiné à un relativisme antiscientifique et un tropisme naturaliste[3]Du genre, on peut se soigner du virus avec des plantes ou de la vaseline dans le tarin. … Continue reading. Contre cet emballement idéologique mortifère, il faut à tout prix défendre la science et la raison concrètes, tout comme la levée des brevets sur les vaccins et la socialisation des grands groupes pharmaceutiques.

Écrire cela, ce n’est en aucune manière faire le jeu du pouvoir et du statu quo, pas plus que cela n’empêche d’être lucide sur les graves incuries gouvernementales, au contraire.

Et il faut encore tordre le cou à la propagande journalistique au sujet de “l’indiscipline française”, qui serait à la racine des maux actuels. Il est faux de prétendre que les français n’entendent que le langage de l’autorité. Ils sont simplement épuisés. En outre, s’il avait l’intelligence qu’il se prête, face à cette crise, Macron saurait que tout est perdu sans la participation active des masses, des travailleurs et des gens ordinaires. Il pourrait même se donner des accents gaulliens, et référendaires : De Gaulle est parti par la grande porte, celle de la décentralisation, Emmanuel pourrait très bien s’en aller par un vote sur l’obligation vaccinale, enveloppé dans la robe outragée d’un Jupiter incompris. Seulement, Macron ne pense pas sa postérité au-delà de sa réélection. Il a mis dos au mur des millions de français, avec une inconscience à sa mesure, abjecte. Pire encore, il a identifié la recherche vaccinale à sa personne, et des progrès scientifiques prodigieux à son pouvoir décadent.

 Il n’est pas nécessaire de s’attarder longuement sur le désastre d’une telle identification, dans la mesure où de tels sauts technologiques peuvent et doivent former la base matérielle d’un socialisme inédit dans l’histoire humaine. Aussi, cet amalgame se manifeste en France au moment d’un basculement anthropologique mondial également inédit et, qui est, je crois, le véritable évènement majeur dont il faut prendre conscience.

Un nouveau monde éclot au creux des vagues pandémiques

Anticipé par certains observateurs dès les années 70 (voir l’exemplaire passage d’André Malraux chez Jacques Chancel en 1974)[4]Radioscopie : André Malraux [1974] – YouTube, l’ordre géopolitique planétaire bascule vers l’Asie et le bassin Indo-Pacifique, un glissement apparemment inexorable, et qui doit mettre fin à l’épopée d’un impérialisme atlanto-européen de cinq siècles (sauf hécatombe militaro-nucléaire). A l’Ouest, les réactions à cette transition, qui semble irréversible en bien des aspects, sont naturellement violentes, voire hystériques : la récurrence d’une menace orientale est une obsession idéologique qui a le cuir solide dans l’imaginaire européen. Seulement, aujourd’hui, cette obsession trouve enfin un objet de taille sur lequel se greffer, et d’une autre stature que “l’Ogre Russe” qui, même du temps de l’Union Soviétique, n’a jamais été l’égal militaire des USA, bien plutôt un habile petit poucet budgétaire (il suffit pour s’en convaincre de comparer les PIB de l’URSS et des USA au sortir de 1945, ou même leurs différences de dépenses militaires, spatiales et scientifiques au cours de la Guerre Froide)[5]Tous désaccords mis de côté, on peut recommander, à ce sujet, cette conférence de Laurent Henninger sur l’Union Soviétique. S’il est tout sauf un camarade, Henninger est l’historien … Continue reading.

A présent, ce basculement asiatique est un préalable nécessaire à la moindre analyse contemporaine de la mondialisation : en 2021, la Chine a un PIB de 16 493 milliards de dollars, avec 18% de taux de croissance au premier trimestre 2021, avant une stabilisation autour de 7,9% entre avril et juin, et cela en dépit même de la pandémie mondiale, sans compter la prise en compte d’autres indicateurs instructifs, comme celui de l’espérance de vie en bonne santé, qui est de 68,7 ans en Chine, contre 68,5 ans aux Etats-Unis. On peut encore s’arrêter sur le fait que, en 2018, le Parlement Chinois comptait 102 milliardaires et que, selon le Hurun Research Institute, l’année 2020 a totalisé 799 milliardaires chinois, contre 626 aux USA. La Chine est également devenue le deuxième partenaire commercial de l’Amérique Latine, et elle compte investir 400 milliards de dollars en Iran pour 25 ans (en échange d’un accord avantageux sur le pétrole iranien). A tous ces éléments, il faut encore ajouter sa part grandissante dans l’économie mondiale, comme l’illustre formidablement cette carte, parue dans The Economist.


Certes, le soft-power chinois laisse à désirer, et son budget militaire est bien inférieur à celui des Etats-Unis. Seulement, à la Chine, il faut ajouter l’émergence de l’Inde, du Brésil, de la Corée du Sud, tout comme la puissance Japonaise et l’équilibrage de l’actuel capitalisme Russe, soit toute une série d’acteurs qui semblent sonner le glas de l’hégémonie étasunienne. En tout cas, si rien n’est jamais joué en la matière, la tendance actuelle semble prendre cette direction qui, si elle se confirme, bouleversera à jamais l’ordre géopolitique mondial.

Pendant ce temps, en France, comédiens politiques et imposteurs médiatiques [web compris] se disputent le manche du gouvernail et les tickets des gratifications narcissiques. En 1917, Lénine et les siens voyaient déjà la France (ses dirigeants, pas son peuple) comme un navire impérialiste de seconde zone, aux invasions mesquines et à la rhétorique coloniale hypocrite. Rien n’a changé sur ce terrain, sinon que ce pays doit également souffrir la tutelle idéologique d’intellectuels de garde de seconde zone [on dit “chroniqueurs”] et qui, eux-mêmes, pour toute mise en scène du contradictoire, se bagarrent en monologues interposés avec des “dissidents” de seconde zone. Finalement, ces derniers, Soljenitsynes des internets, sont sans doute les plus répugnants d’entre tous.

 A travers eux, il ne s’agit pas d’accabler leur public et les victimes de leur propagande. Ces pauvres gens sont, comme chez Rabelais, les Dindenaults d’une mauvaise farce. On ne peut toutefois déroger au devoir de vérité. Il faut charger impitoyablement ces vipères qui, comme autant de Panurges, surinvestissent dans la paranoïa systémique. Ceux-là ont pour seules fins de retrouver une place confortable dans les ruines de la Raison, après avoir été éjecté de la centrifugeuse mondaine. Ils conservent tout juste de leurs maîtres l’appétit de nuire, sans leur pouvoir. On les appelle à tort des “complotistes”, terme qui les flatte. Dans un mélange de sincérité, de jugements précipités et d’arrivisme, ils ne sont plus que des obscurantistes amateurs de posture qui serpentent dans des mensonges juteux. Et si c’est bien le propre de la paranoïa de voir des dangers partout, en dehors de ce qui vous menace réellement, rien d’étonnant alors que ceux-là apprennent à leurs ouailles à se méfier de tout, sauf d’eux-mêmes, et qu’à l’appauvrissement économique se conjugue l’empoisonnement idéologique.

Dans le cadre géopolitique mondial décrit plus tôt, leur discours confus, brouillon et téléologique n’exprime qu’un narcissisme occidental, un caprice de déclassé. Ceux-là préfèrent se raconter qu’ils subissent le joug d’une classe dirigeante capable de produire de grands plans concertés, diaboliques et de grande ampleur, et plusieurs décennies à l’avance encore. Un fantasme bien ordonné est plus doux à supporter que la nullité du personnel gestionnaire actuel, qui nous renvoie en miroir nos propres médiocrités. On préfère se mentir, se dire qu’on est seul éveillé parmi les ânes, gouverné par des lions. C’est rassurant, et cela permet d’éviter l’éléphant d’Asie dans la salle de bain. Imaginez reconnaître que notre classe dirigeante est vaincue, qu’elle a perdu, qu’elle n’a plus d’issue en dehors de la guerre[6] … Continue reading. Imaginez, surtout, renoncer à la sinistrose complaisante. Car pour celle-là, si tout est sous contrôle c’est que, finalement, ce contrôle savamment huilé est bien mérité. La peur d’être un homme debout. Voilà la vérité honteuse de ces boutiquiers du mensonge qui, quand on a éprouvé de près leurs méthodes, méritent davantage la correctionnelle, ou une bonne correction, que le débat d’idées.

Le biotope populaire, dont la victoire et la survie me sont chères, est davantage ravagé par le naturalisme, la religiosité foutraque, l’obscurantisme et l’ethnicisme que par un excès de science analytique. En outre, la porosité à l’irrationalité de notre époque en fait la proie privilégiée des gourous et des démagogues. Les travailleurs méritent qu’on les en préserve, même contre eux, et au risque d’échouer, ou d’être haï.

Le plus préoccupant demeure toutefois qu’il ne s’agit pas uniquement d’un problème de classe sociale. Ce n’est pas non plus un souci d’intelligence. Seulement, à l’heure du digital mondialisé, on apprend peu ou pas, et indifféremment du niveau de diplôme, à filtrer sa recherche, à la discipliner, ou à comparer des informations contraires de sites différents, prudemment. Et les forces qui poussent dans le sens d’une vérification continue des structures narratives qui forment nos idées, comme les “faits” sur lesquels s’appuie nos pensées, sont bien faibles face aux chroniqueurs paresseux et surpayés des plateaux subventionnés, ou des escrocs du web qui abusent de la crédulité de braves gens perdus.

J’ai l’étrange nostalgie de l’exactitude. Que sont nos scientifiques devenus ?

PSS [Post Scriptum Scientiste[7]C’est de l’humour.] :

Pour ceux qui sont prêts à s’asseoir trente minutes, pour mettre leurs préjugés de côté et éclairer méthodiquement leurs méfiances, a priori légitimes, envers les “zones d’ombre” :

1- Suivre ces liens et pages pour démonter chaque jour, en image et pédagogiquement, tous les lieux communs sur le Covid, du genre, “Il faut plusieurs années pour faire un vaccin”, “flambée de cas à Gibraltar en dépit d’une vaccination à 100%”, “on n’a pas assez de recul sur le vaccin”, “on sait rien des effets à long terme”, “le vaccin rend infertile”, “si on peut devenir malade même avec le vaccin il sert à rien”, “le vaccin n’empêche pas de contaminer les autres”, etc. etc. Tous ces lieux commun du mensonge ont été décortiqués patiemment à ces trois liens par des professionnels :

https://www.facebook.com/HERVERIFIE

https://www.facebook.com/medecinedesnuls/

https://www.facebook.com/TheDendrobateDoctor

2- Voici, à présent, un cas particulier de mensonge anti-vaccin à décortiquer. Actuellement, certains prétendent qu’il y aurait un pourcentage plus élevé de vaccinés chez les hospitalisés que de non-vaccinés. Sur quoi se base cette erreur? C’est que, ici, il faut considérer le volume d’individus, et pas le pourcentage, et c’est ce qui induit en faute. Car une population globale plus largement vaccinée comptera un pourcentage plus élevé de vaccinés dans ses admissions, mais moins en volume que si la population globale était moins vaccinée. La démonstration en image, ou comment jouer sur des subtilités de calculs pour faire passer un agenda politique nocif, et d’énormes mensonges. Par ailleurs, en France, 85% des hospitalisés sont non-vaccinés[8] https://www.lexpress.fr/actualite/societe/sante/covid-19-en-france-85-des-hospitalises-ne-sont-pas-vaccinees_2155849.html .

3- Petit bonus vidéo qui fait plaisir.

“⚠️Malheureusement comme prévu les 2 arguments qui ressortent sont :

« Traitement expérimental phase 3 bla-bla-bla »
Et
« Pas assez de recul ».

Comme beaucoup écrivent ça je vais répondre ici globalement :

1️⃣Pour le recul.. bon j’en ai déjà fait une vidéo (vaccins covid – pas assez de recul ?), mais je vais me répéter.

Pas assez de recul par rapport à quoi ? Non parce qu’il faut bien comprendre une chose, quand on parle de recul on parle bien de données et de statistiques. Le développement des vaccins c’est une question de nombre, de quantité de données plutôt que de temps. Si de nouveaux vaccins mettent généralement des années à voir le jour, c’est parce qu’ils sont testés sur de petits échantillons de personnes, lors d’essais en séquentiel (les uns à la suite des autres), un peu au compte goutte en quelque sorte.

🔴Les vaccins Arn’m sont testé depuis environ 15 ans sur l’homme et bien avant en ce qui concerne la technologie Arn’m PURE. En fait tout est allé très vite pour plusieurs raisons :

🔸Une collaboration mondiale.
🔸Des fonds substantiels.
🔸Un partage de données total et instantané.
🔸Des technologies de pointe.
🔸Des outils statistiques puissants.
🔸Des essais cliniques d’une ampleur sans précédent etc etc.

🔴On avait déjà modélisé la structure moléculaire de la protéine de pointe du virus en mars 2020 ! En biologie moléculaire, c’est quelque chose qui d’ordinaire prend des mois voire des années.

🔴En réalité, les vaccins actuellement sur le marché sont les vaccins les plus testés de toute l’histoire de la vaccination.

2️⃣ Maintenant « ON EST PAS DES COBAYES ! LE VACCIN EST TOUJOURS EN PHASE 3 J’AI PAS CONFIANCE ! »

🔴Pour commencer, la découverte de l’ARN messager remonte à 1961 (avec un prix Nobel en 1965).
🔴Vous connaissez le vaccin ROR ? Rougeole, oreillons, rubéole ? Ce vaccin fonctionne déjà avec des virus à ARN diminués. Oui oui, les virus atténués avec tout leur gros ARN dégueulasse, pouf, direct dans vos cellules de potit nenfant ! OUI MONSIEUR !

🔴Quand on veut mettre un médicament ou un vaccin sur le marché, quel qu’il soit, on définit tout d’abord les objectifs à atteindre et on fixe une date prévisionnelle.

✅ Sauf que le processus d’approbation d’un traitement n’est pas lié à un numéro de phase ou la fin d’une étude. L’autorisation est délivrée lorsque les données cliniques remplissent les conditions fixées par les autorités de santé.

Pour résumer, la FDA demandait : Un vaccin efficace à 50% minimum, entre 4 et 6 mois de données concernant la sécurité, des essais comprenant des milliers de personnes pour avoir une puissance statistique suffisante etc.
📃 Liste des conditions ici 👇
https://t.co/FaqqfgYJTU?amp=1

😎 En d’autres termes, phase 1, 2, 3 ou 42 peu importe. Si on a obtenu les données nécessaires qui conditionnent l’autorisation sur le marché, alors le médicament est autorisé. A partir de là, les phases complémentaires qui se poursuivent ne portent plus sur un médicament expérimental mais bel et bien sur un médicament autorisé.

🧐 A contrario si un laboratoire prévoit un essai d’une durée X mais ne collecte pas toutes les données nécessaires au terme de ce délai, alors c’est tchao, le traitement ne recevra pas d’autorisation.

⚠️ Bien entendu, les vaccins actuellement en circulation ont tous obtenu l’avis favorable de l’Agence Européenne du Médicament, l’Autorisation de Mise sur le Marché et l’avis positif de la Haute Autorité de Santé. Donc non, vous n’êtes pas des cobayes, quand bien même la date prévisionnelle de la fin de phase 3 pour Pfizer est située en 2023.

Pour finir Et les effets secondaires à longs termes hein ?

🤔 Bin c’est-à-dire que tout effet secondaire lié à la vaccination ne s’est jamais déclaré plus de deux mois après injection. Contrairement à ce qui peut se produire lorsque l’on prend un médicament sur la durée, les constituants d’un vaccin sont éliminés très rapidement de l’organisme, et les effets secondaires sont développés pendant le développement de l’immunité soit entre une et trois semaines.
Durée de vie des composants.”

4- Aussi, sur l’idée qu’on manquerait de recul sur les vaccins arn messagers:

https://www.dna.fr/sante/2021/07/23/non-on-ne-manque-pas-de-recul-sur-les-vaccins-a-arn-messager?fbclid=IwAR0xKyEu9e8T6kF2uIz65i-9D6Td8L5zosUYVjdwIf1MRJ2g2ljm7XG0RN0

5- Enfin, pour ceux qui pensent que le Covid serait moins dangereux que la grippe.https://www.futura-sciences.com/sante/questions-reponses/coronavirus-covid-19-grippe-lequel-deux-virus-plus-dangereux-15141/

“Attention : ces statistiques ne concernent que les patients hospitalisés donc, par définition, les cas les plus graves. Les taux de mortalité réels de la Covid et de la grippe sont, bien entendu, très inférieurs (2,3 % pour la Covid-19 en France et environ 0,3 % pour la grippe)”.

Les Dindenaults de la Farce

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Tuer Bardamu

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